Chaque début d’année, les bonnes résolutions reviennent inlassablement : bouger plus, réduire la sédentarité, reprendre une activité physique, mieux prendre soin de sa santé. En 2026, si nous faisions autrement ? Et si, au lieu de viser un changement radical, nous construisions des habitudes de mouvement simples, réalistes et durables ?

À La Fresque du Mouvement, nous accompagnons particuliers et organisations pour mieux comprendre les mécanismes de l’inactivité physique et de la sédentarité et installer des comportements qui tiennent dans le temps. Dans cet article, découvrez pourquoi les résolutions échouent, comment fonctionne notre cerveau face au changement, et surtout comment transformer une résolution en habitude durable.

Pourquoi les bonnes résolutions ne tiennent-elles pas ?

Contrairement aux idées reçues, l’abandon des bonnes résolutions n’est pas un manque de motivation ou de discipline. Il s’explique le plus souvent par :

  • des objectifs trop ambitieux ou irréalistes ;
  • des changements trop rapides et trop nombreux ;
  • une formulation vague (« bouger plus », « être en forme ») ;
  • une approche basée sur la contrainte ou la privation ;
  • un environnement qui ne facilite pas le passage à l’action.

Résultat : la fatigue décisionnelle s’installe, la culpabilité aussi, et la résolution finit par disparaître.

Bonnes résolutions et cerveau : comprendre pour mieux agir

Le rôle du cortex préfrontal

Le cortex préfrontal est la zone du cerveau qui gère la prise de décision, la planification et la volonté. C’est lui qui nous pousse à commencer une nouvelle activité… mais aussi celui qui s’épuise vite lorsqu’il est trop sollicité.

Le striatum : la clé des habitudes

Le striatum est la zone du cerveau impliquée dans les automatismes et les habitudes. Lorsqu’un comportement y est enregistré, il ne demande presque plus d’effort conscient : on agit sans y penser.

L’objectif des bonnes résolutions durables n’est donc pas de renforcer la volonté, mais de créer des automatismes.

Combien de temps faut-il pour créer une habitude ?

La fameuse règle des 21 jours est un mythe. Les recherches montrent que :

  • une habitude simple peut s’installer en plusieurs semaines ;
  • en moyenne, il faut environ 66 jours pour automatiser un comportement ;
  • pour des actions plus complexes, cela peut prendre plusieurs mois, parfois jusqu’à 200–250 jours.

Bonne nouvelle : il n’y a pas d’échec, seulement des rythmes différents.

3 stratégies efficaces pour créer des habitudes de mouvement en 2026

Ces stratégies sont au cœur des ateliers de La Fresque du Mouvement.

1. Commencer petit (vraiment petit)

L’erreur la plus fréquente est de viser trop haut dès le départ. Or, le cerveau résiste aux efforts importants.

Exemples :

  • 2 squats pendant une pause ;
  • 5 minutes de marche après le déjeuner ;
  • 1 étirement au réveil.

Ces micro-actions demandent peu de volonté et permettent d’installer la régularité. Une fois l’habitude amorcée, l’intensité peut augmenter naturellement.

2. Modifier son environnement

L’environnement influence fortement nos comportements. Pour favoriser le mouvement :

  • laisser une paire de baskets sur le lieu de travail ;
  • placer un tapis de sol dans un endroit visible ;
  • programmer une alerte « pause active » ;
  • organiser l’espace pour réduire la sédentarité.

Quand l’environnement aide, la motivation devient secondaire.

3. Associer plaisir et mouvement (temptation bundling)

Le temptation bundling consiste à associer une nouvelle habitude à quelque chose que l’on aime déjà.

Exemples :

  • écouter son podcast préféré uniquement en marchant ;
  • regarder une série pendant une activité douce ;
  • appeler un proche pendant une promenade.

Le plaisir devient alors le moteur de l’habitude.

Comment formuler une bonne résolution efficace ?

Pour qu’une résolution devienne une habitude durable, elle doit être :

  • Spécifique : clairement définie ;
  • Mesurable : observable dans le temps ;
  • Réaliste : adaptée à votre quotidien ;
  • Progressive : avec des étapes intermédiaires ;
  • Ancrée : liée à un moment précis de la journée.

Exemple : « Marcher 15 minutes après le déjeuner, trois fois par semaine ».

Et si la routine déraille ?

C’est normal. Une habitude se construit avec des ajustements.

  • prévoir une version minimale de l’activité ;
  • éviter l’auto-culpabilisation ;
  • reprendre simplement là où l’on s’est arrêté ;
  • valoriser chaque petit progrès.

La constance compte plus que la perfection.

Conclusion : en 2026, place à la simplicité

Les bonnes résolutions ne sont pas une mauvaise idée. Elles deviennent puissantes lorsqu’elles sont abordées avec réalisme, progressivité et bienveillance.

En 2026, plutôt que de viser la perfection, choisissez la régularité. Commencez petit, facilitez le mouvement, associez plaisir et action… et laissez le temps faire son œuvre.